Pourquoi l’Europe ne doit pas négliger la mer Noire

Jean-Sylvestre Mongrenier, Chercheur associé à l’Institut Thomas More

           

19 mai 2015 •


La mer Noire est une partie de la « plus grande Méditerranée » et elle prend une place grandissante dans la relation conflictuelle entre la Russie et l’Occident. Pour Moscou, la Crimée est une tête de pont vers la Méditerranée et le Moyen-Orient. Aussi, l’Europe ne saurait négliger la mer Noire. Si l’OTAN s’avère indispensable, l’UE doit jouer un rôle actif pour soutenir les États de la région et leur ouvrir un autre horizon. Texte de l’intervention de Jean-Sylvestre Mongrenier prononcée lors de la conférence « Mer Noire : espace stratégique », organisée par l’Observatoire des États post-soviétiques de l’INALCO, le 19 mai 2015 à Paris.

Vue depuis l’une ou l’autre capitale ouest-européenne, la mer Noire a parfois été considérée avec distance, à la manière d’un théâtre exotique. Tout au plus était-elle parfois qualifiée de « nouvelle Méditerranée ». Pourtant, l’actualité géopolitique – le rattachement manu militari de la Crimée à la Russie, les combats dans le Donbass, les menaces sur Marioupol –, nous ramène à l’ancien Pont-Euxin et au Bassin pontique. Dans la relation conflictuelle entre la Russie et l’Occident, la mer Noire prend une place grandissante. Le Bassin pontique et les équilibres de puissance en cours de redéfinition doivent être pleinement pris en compte par les dirigeants européens.