La nouvelle politique migratoire française

Jean-Thomas LESUEUR, délégué général de l’Institut Thomas More, était l’invité de l’émission « Le magazine du week-end » sur France Culture le dimanche 6 août 2017

          

6 août 2017


La politique migratoire, véritable casse tête à l’échelle de l’Europe, divise les français. Assiste-t-on a un changement de politique sous Macron ?

C’est un programme qui se veut ambitieux et novateur. Très attendue, la politique migratoire d’Emmanuel Macron, rendue publique le 27 juillet, s’inscrit dans un cadre limité par deux barrières. A droite, le repli sur soi et la fermeture des frontières. A gauche, l’illusion qu’un pays comme la France peut accueillir, comme le disait Michel Rocard, toute la misère du monde. Et c’est pour ne pas avoir à franchir ces deux limites que le président français insiste, davantage que ses prédécesseurs, sur la nécessité d’instaurer une solide différence entre les réfugiés et les migrants économiques.

Concrètement, Emmanuel Macron promet d’améliorer l’accueil d’urgence en créant de nouveaux centres, d’accélérer le traitement administratifs des demandes d’asile, de mettre en place une vraie politique de renvoi aux frontières pour les déboutés de ce droit à l’asile et de créer des « hot spots » sur le sol africain, dans des pays sûrs, pour juguler les flux migratoires en amont. Jusque-là, tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron se sont cassé les dents sur ce sujet aussi sensible que complexe.

La démarche nouvelle d’Emmanuel Macron, qui se veut libérée des tabous français sur l’immigration, sera-t-elle plus efficace ? Mettra-t-elle fin au dialogue de sourds qui oppose les tenants d’une immigration heureuse à ceux qui la voient comme un danger majeur pour le pays ? Sera-t-elle assez soutenue et dynamique pour convaincre les partenaires européens de la France : l’Italie qui assume bien seule, aux portes de la Méditerranée, le poids des arrivées massives de migrants. Mais aussi les pays d’Europe Centrale et Orientale, qui de la Pologne à la Hongrie refusent les quotas de migrants que veut leur imposer l’UE et rejettent, au-delà de la question des réfugiés, un modèle multiethnique dont ils estiment qu’il n’appartient pas à leur culture.