By Gérard DUSSILLOL, chairman of the Working Group Finance of the Thomas More Institute. Article published in "La Tribune" (France) of June 9th, 2010, available in French.
> Cultural challenges - on 04/05/2009
Magali GRUEL-DIEUDÉ holds a PhD in contemporary history from the University Paris III Sorbonne Nouvelle (France) and is a specialist of the Mediterranean area, Turkey and Cyprus. She is a consultant for a Diplomatic Mission to the United Nations in Geneva. She is the author of two books: "Chypre et l’Union européenne : mutations diplomatiques et politiques" (L’Harmattan, Paris, 2007) and "Chypre : perspectives historiques, culturelles et internationales" (L’Harmattan, Paris, soon to be published). Available in French only.
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La Conférence mondiale de 2001 contre le racisme, de même que l’évaluation des formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui lui est associé s’est tenue à Durban en Afrique du Sud et a constitué un évènement important pour les victimes de discrimination raciale et d’intolérance. La conférence de Durban a pour objectif, au moyen d’un processus global, transparent et mené en collaboration, d’identifier des mesures et des initiatives concrètes pour combattre et éliminer toutes expressions de ces phénomènes. Il faut rappeler que cette conférence a été organisée par les Nations unies dans un contexte particulier, celui de l’après 11 septembre et de son cortège de dégâts collatéraux.
Huit ans plus tard, les Nations unies, en réinstaurant la conférence mondiale contre le racisme, Durban II, ont souhaité évaluer l’efficacité des mécanismes de suivi en vue de les renforcer ainsi que d’évaluer et d’accélérer des progrès de la mise en œuvre des mesures adoptées.
Cependant, l’image de cette conférence de haut niveau a été ternie – à juste titre – par l’effet médiatique des propos du Président de la République islamique d’Iran. Il a déclaré que le racisme est le signe d’une ignorance qui met aujourd’hui en danger la paix internationale et la coexistence entre les pays. Selon lui, pour lutter contre les manifestations de racisme, il faut en revenir aux valeurs morales, aux valeurs spirituelles et à la dévotion à Dieu. Après la deuxième guerre mondiale, à également déclaré M. Ahmadinejad, « sous prétexte des souffrances des juifs et de la question ambiguë et douteuse de l’holocauste », un groupe de pays puissants a eu recours à l’agression militaire pour faire d’une nation entière une population sans abri ; ils ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et d’ailleurs pour établir un « gouvernement totalement raciste » en Palestine occupée. Le Président iranien a dénoncé « la conspiration de certaines puissances et des cercles sionistes contre les buts et objectifs de cette Conférence d’examen ». Il devrait être reconnu que le fait de boycotter une telle session indique clairement le soutien à un exemple flagrant du racisme. « La gestion injuste et inéquitable du monde se trouve maintenant en fin de course », a par ailleurs assuré le Président iranien, plaidant notamment pour une réforme rapide de la structure du Conseil de sécurité.
Après le départ de plusieurs délégations de la salle des Assemblées et des critiques à l’encontre du Président iranien, un consensus inattendu a été adopté dés le lendemain et a effacé l’outrage de la veille. Les plus réticents ont considérés que le texte adopté est équilibré. C’est en effet le travail d’un consensus collectif et non individuel, mais l’objectif a été atteint, le dialogue culturel et religieux a été ouvert.
L’adoption du texte est sans doute l’un des plus difficiles qui a été donné de réaliser aux Nations unies ces dernières années. Les dégâts du 11 septembre 2001 ont entraîné le choc des civilisations. Le monde a connu les violations des droits de l’homme commises au nom de la lutte contre le terrorisme, la montée de l’islamophobie. L’adoption du document final constitue une bonne base pour réaliser des progrès dans la lutte contre le racisme et la discrimination raciale et favoriser la diversité culturelle dans un contexte d’indivisibilité et d’universalité des droits de l’homme.
La conférence a été l'objet de critiques violentes et souvent déformée par certains groupes de pression. Il est vrai qu’il reste des efforts à faire pour approfondir les sujets, aller plus loin dans les discordes comme Israël et Palestine, les génocides, les réparations… mais le résultat est positif. Depuis 2001, les Etats ont pris des mesures à l’encontre de toute discrimination, ont mis en œuvre des dispositions allant dans le sens de l’adoption de la Déclaration et du Programme d'action de Durban. En 2009, les Etats ont adopté un document final qui les prie de redoubler d’efforts pour protéger les droits de l’homme de tous les migrants, indépendamment de leur statut d’immigration. Il a été identifié lors de la conférence un certain nombre de nouvelles mesures concrètes et initiatives visant à combattre et éliminer toutes sortes de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance. Durban II a également souligné les droits de la liberté d’opinion et d’expression qui constituent des fondements essentiels de toute société démocratique. Le succès de la conférence montre l’importance de lutter contre le fléau du racisme en tout genre et pour ce, il faut une véritable volonté politique de la part des gouvernements. Elle a pour objectif d’engager la communauté internationale dans une célébration de la tolérance et de la diversité. Les gouvernements des Etats se sont donc engagés à aller dans ce sens, à ne ménager aucun effort pour combattre la négation et à ne pas banaliser ce fléau. Le texte ne peut pas être satisfaisant pour tous les Etats mais l’importance est que chacun adopte la ligne directive d’un engagement accru et participatif aux systèmes des droits de l’homme des Nations unies.
Quant à Jean-Baptiste Mattei, ambassadeur représentant la France auprès des Nations unies, il a souligné qu’« au nom de la France, il voudrait lancer un appel à la dignité et à l’unité […]. La France a décidé de rester présente pour faire entendre une autre voix, celle de la tolérance et de la responsabilité. » Il a expliqué avoir fait valoir des exigences fortes pour l’élaboration du projet de déclaration finale de la conférence qui sont fondées, selon lui, sur trois convictions : « La conviction que la stigmatisation d’un Etat ne peut être accepté quand on traite d’une question aussi grave que le racisme et quand on sait que le racisme concerne toutes les régions du monde, sans exception ; l’attachement indéfectible à la liberté d’expression, fondement de toutes les libertés, qui doit être au cœur de notre combat commun pour la lutte contre le racisme, qui se nourrit de l’ignorance et du mépris de l’Autre ; la nécessité de se mobiliser pour lutter contre les formes de racisme et de xénophobie, y compris bien sûr l’antisémitisme. Le souvenir de l’Holocauste, […] est là pour nous le rappeler. Sa négation est inacceptable. »
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