Les défis de la sécurité d’approvisionnement et de transport de gaz en Europe

Jean-Pierre SCHAEKEN WILLEMAERS, président du pôle Énergie, climat et environnement de l’Institut Thomas More

Juin 2009


Les réserves prouvées de gaz dans le monde étaient évaluées, fin 2007, à 177,4 trillions m³. Soit un accroissement de 1,14 trillions m³ par rapport à 2006. Selon le Oil and Gas Journal, la Russie en possèderait un peu plus du quart : 48 trillions m³. Quant à la consommation annuelle mondiale de gaz, elle était, en 2007, de 2.921,9 milliards m³/an, dont pour l’Europe un peu moins de : 500 milliards m³/an.

Actuellement, 57% du gaz consommé en Europe provient de pays européens dont 40% de l’Union européenne et 17% de Norvège. Toutefois, la production européenne de gaz a dépassé son maximum et partant a amorcé sa décroissance. La Russie a exporté au total, en 2007, 191 milliards m³ de gaz et en 2008, 5% de plus selon le ministère russe de l’industrie et fournit un quart des besoins européens en gaz. La question qui se pose est de savoir si la consommation de gaz en Europe va continuer à augmenter dans les années à venir.

Il semblerait qu’elle devrait plutôt croître d’ici à 2020 à 550, voire 600, milliards m³/an. Néanmoins certains industriels s’interrogent sur une diminution de celle-ci en raison notamment de la politique européenne de l’énergie et du climat pour autant, bien entendu, qu’elle puisse se réaliser.

C’est évidemment un débat fondamental puisqu’il qu’il conditionne la rentabilité des investissements tant dans la production que dans le transport de gaz. D’autre part, qu’en est-il du rôle de la Commission européenne ? Doit-elle intervenir dans la négociation et la gestion des dossiers d’approvisionnement et de transport ou seulement en qualité de facilitateur ? Les industriels sont plutôt favorables à la seconde alternative.