Sommet atlantique de Newport | Renforcer l’OTAN et faire front

Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More

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Tribune 43 | Septembre 2014


Primitivement, le sommet atlantique de Newport (4-5 septembre 2014) devait être principalement consacré à l’Afghanistan et au passage de relais à l’Armée nationale afghane, l’OTAN et ses États membres se recentrant sur la formation de ladite armée et le contre-terrorisme. La situation militaire en Ukraine et la guerre couverte que Vladimir Poutine mène à l’encontre de son voisin occidental, transformée des derniers jours en une guerre ouverte, et l’invasion russe de l’Est ukrainien, ont bouleversé l’ordre des choses. Après une période au cours de laquelle la gestion de crise et la projection de sécurité ont dominé l’agenda politico-militaire de l’OTAN, l’article 5 et la défense mutuelle reviennent au premier plan. Au vrai, le mouvement est amorcé depuis l’adoption d’un nouveau Concept stratégique, lors du sommet de Lisbonne (19-20 novembre 2010). La guerre russo-ukrainienne, l’onde de choc sur le Continent et les menaces qui pèsent sur les États centre-est européens conduisent les Alliés à accélérer le mouvement.

De fait, nous sommes à un point de bascule : les représentations et les discours censés justifier la longue complaisance à l’égard de Vladimir Poutine volent en éclats. A l’évidence, la « Russie-Eurasie » n’est pas un partenaire stratégique mais un adversaire, bientôt un ennemi si sa classe dirigeante perd totalement le sens des limites. A nouveau, il faut donc faire front. La guerre en Ukraine et la grave crise géopolitique entre la Russie et les Alliés renvoient l’OTAN à ce qu’elle est : l’expression géopolitique de l’Occident. Dans un système mondial chaotique, sous la menace d’une rupture générale d’équilibre, les États membres de l’Alliance atlantique doivent être pleinement conscients de ce qui les rassemble. Il leur faut prendre la mesure la situation géopolitique et renforcer le potentiel militaire de l’OTAN, pour défendre les frontières de l’Europe, accroître la capacité d’intervention des Alliés à intervenir dans des aires géopolitiques éloignées et faire face aux nouvelles menaces.