La Russie, la Syrie et le Moyen-Orient

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More

 

           

Septembre 2015 • Points Clés 7 •


Le 28 septembre prochain, Vladimir Poutine interviendra devant l’Assemblée générale de l’ONU. Il en profitera sans doute pour réaffirmer son soutien à Bachar Al-Assad et se poser en rempart contre l’« État islamique » (Daech). De fait, sur le terrain, la Russie déploie des moyens militaires supplémentaires. L’objectif principal est avant tout de sécuriser le régime de Damas, garant des intérêts stratégiques russes en Méditerranée orientale et au Proche-Orient.

Au cours du dernier sommet de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective), à Douchanbé, le 15 septembre 2015, Vladimir Poutine a répété le discours qu’il prépare pour la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU, le 28 de ce mois. Tout en réaffirmant son soutien à Bachar Al-Assad et au régime de Damas, il s’est posé en rempart contre l’« État islamique » (Daech). Sur le terrain, la Russie a ouvert un aérodrome militaire, à Lattaquié, déployé des « conseillers » et livré des armements supplémentaires à l’armée syrienne. Simultanément, les relais de la politique russe en Europe soulignent que Vladimir Poutine « n’est pas marié à Assad ».

Les choses doivent être mises en perspective. D’une part, cet engagement renouvelé de la Russie auprès de Damas s’inscrit dans la durée, ce qui relativise les spéculations sur un possible lâchage de Bassar Al-Assad. D’autre part, le niveau de l’engagement russe sur le terrain et les objectifs visés ne doivent pas être surestimés. La priorité de Moscou est sans doute moins de combattre l’« État islamique » que de sanctuariser le régime de Damas, garant des intérêts stratégiques russes en Méditerranée orientale et au Proche-Orient.