La Russie, l’Occident et la « nouvelle guerre froide »

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More

 

           

Octobre 2015 • Points Clés 9 •


A rebours du scénario apaisant de la multipolarité, les tensions croissantes entre la Russie et l’Occident dominent la géopolitique mondiale. De l’Ukraine à la Syrie, un nouvel arc de rivalités, lourd de menaces, se dessine. Parler d’une « nouvelle guerre froide » semble approprié.

Après le krach financier de l’automne 2008 et la récession économique qui a suivi, l’heure d’un « monde multipolaire » post-occidental semblait avoir sonné. Dans ce « brave new world », les États-Unis et l’Europe auraient été contrebalancés par les puissances émergentes ou ré-émergentes qui composent le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). A défaut d’être harmonieux, ce nouvel équilibre international, supposait-on, permettrait de pacifier les rapports entre les nations et les continents. Las ! D’une part, les « économies émergentes » sont entrées en crise et les nouveaux acteurs géopolitiques se sont focalisés sur des problèmes intérieurs ou régionaux ; d’autre part, les tensions croissantes entre la Russie et l’Occident, dans l’Est européen et au Moyen-Orient, dominent la géopolitique mondiale. Soigneusement évitée, l’expression de « nouvelle guerre froide » semble pourtant adéquate.