G5 Sahel : la fragilité d’une réponse exclusivement militaire

Jérôme Pigné, chercheur associé à l’Institut Thomas More et président cofondateur du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel (2R3S)

          

3 juillet 2018


Le 31e sommet de l’Union africaine s’est tenu à Nouakchott en Mauritanie les 1er et 2 juillet. Cette table-ronde des chefs d’Etats africains s’est penchée sur le renforcement de l’intégration du continent et une réforme de l’institution pour garantir une autonomie financière pour relever les défis spécifiques à l’Afrique, comme la corruption ou la guerre civile au Soudan du Sud.

Mais c’est surtout le volet sécuritaire qui a retenu l’attention. En marge du sommet, le président français Emmanuel Macron a rencontré ses homologues du G5 Sahel. La réunion s’est en effet tenue au lendemain de plusieurs attentats qui ont frappé le Mali et le Niger. Ces attaques, qui ont fait sept morts à Gao et Sévaré au Mali vendredi 29 juin et dimanche 1er juillet, ont visé les forces justement chargées de combattre les djihadistes. dans le nord, l’opération Barkhane, dans le centre, l’état-major de la force conjointe anti-terroriste. Le G5 Sahel a été mis en place en 2014 par le Mali, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et la Mauritanie, pour lutter contre les djihadistes.

Une preuve que de nombreuses «failles» restent à «corriger» a estimé le président mauritanien, alors que les pays du Sahel tentent de s’organiser pour stabiliser et sécuriser la région, toujours aussi visée par des attaques. Elles ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, liée à Al-Qaïda. Perpétrées symboliquement au moment du sommet de l’UA, elles remettent en question l’efficacité de l’initiative G5 Sahel soutenue par la France et surtout la fragilité de la réponse uniquement militaire apportée à ces attentats terroristes, analyse Jérôme Pigné. Il est chercheur à l’Institut Thomas More et président cofondateur du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel (2R3S).