Pour une école de la liberté et des responsabilités

A l’occasion de la discussion parlementaire sur le projet de loi « Pour une école de la confiance », l’Institut Thomas More publie un rapport qui dresse le bilan de l’action de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’Éducation nationale, qui évalue le projet de loi et qui formule 30 propositions pour une vraie réforme du système éducatif français.

              

Février 2019 • Rapport 17 •


Les promesses d’Emmanuel Macron en matière d’éducation et le choix de Jean-Michel Blanquer comme ministre de l’Éducation nationale suscitèrent de vrais espoirs  

L’objectif fixé par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle était clair : « s’attacher aux problèmes concrets », « donner la liberté aux acteurs » de l’éducation nationale. La feuille de route du ministre était précise : réduire les inégalités et « tirer l’ensemble du système vers le haut ». Les moyens étaient affirmés : l’autonomie, l’innovation, la responsabilisation des acteurs locaux. L’objectif du présent rapport est d’évaluer les résultats de la politique éducative de l’exécutif à l’aune de ces ambitions pour un système éducatif français qui va mal.

Le système éducatif français est inefficace et creuse les inégalités  

En effet, le catastrophique quinquennat de François Hollande finissait d’abîmer une école depuis longtemps incapable de remplir ses missions de transmission des savoirs et de lutte contre les inégalités. Le classement PISA de 2015 mettait la France en vingt-septième position, perdant deux places en trois ans et cinq en six ans, et rappelait que, de tous les systèmes scolaires des pays développés, le système français est celui dans lequel l’origine sociale influait le plus sur la réussite à l’école. Il confirmait la formule lapidaire de Pierre Cahuc et de ses collègues : « la France est un pays moyen, mais plus inégalitaire que les autres ».

Hélas, le bilan des vingt premiers mois d’action de Jean-Michel Blanquer n’est pas à la hauteur  

La première partie dresse l’état des lieux de ce qui a déjà été fait. Trente-deux mesures sont listées, quatorze sont évaluées. Si, comme le rapport le montre, certaines sont assurément positives ou intéressantes, un bon nombre d’entre elles sont superficielles et insuffisantes. Elles ne sont susceptibles que de produire des effets timides ou marginaux.

Le projet de loi « Pour une école de la confiance » n’est pas porteur d’une vision éducative ambitieuse et novatrice  

Discuté à l’Assemblée nationale à partir du 11 février, il est composé de vingt-cinq articles, très disparates dans leur objet et leur ambition au point que certains observateurs parlent de « fourre-tout » législatif. L’analyse des huit principales mesures, que propose la deuxième partie du rapport, montre que le texte porté par le ministre est également d’une trop grande pusillanimité et ne propose pas de vision claire et ambitieuse de l’école.

Propositions pour une école de la liberté et des responsabilités  

C’est pourquoi la troisième partie du rapport formule trente propositions qui dessinent les contours de ce que devrait être la grande réforme dont a besoin le système éducatif français. Une réforme qui repose sur deux piliers : liberté et responsabilités. Liberté d’innover, de proposer, de gérer. Responsabilités de ce qui a été expérimenté, responsabilité des résultats obtenus, responsabilité des acteurs (élèves, parents, enseignants).