L’Europe et le Tibet · Le Dharma de l’Occident

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More

9 avril 2008 • Analyse •


C’est en 1959 qu’Hergé publie son Tintin au Tibet. Dans cette vingtième aventure, l’envoyé spécial du Petit Vingtième découvre la haute spiritualité du peuple tibétain et il est l’hôte du Dalaï-lama (« Océan de Sagesse »). Neuf ans plus tôt, la « Chine rouge » s’est emparée du pays du Toit du Monde et elle y impose encore sa tyrannie. Depuis, les apparatchiks du Parti ont bien découvert les délices du « communisme de marché » mais l’identité des Tibétains et leur liberté sont foulées aux pieds de l’APL (Armée Populaire de Libération). Les enjeux dépassent la géopolitique himalayenne, essentielle par ailleurs à la compréhension de l’Asie, ou encore la question des droits de l’homme. « L’humanisme, écrit Heidegger, ne situe pas assez haut l’humanitas de l’homme ». Authentique tradition venue du fond des âges, le bouddhisme tibétain est assurément l’une des voies d’accès à l’Universel et l’influence de ce lointain Orient sur les terres occidentales, en proie au désenchantement wébérien, pourrait y éveiller la nostalgie de l’Être. Selon le grand historien Arnold Toynbee, « la rencontre du bouddhisme et de l’Occident constitue l’évènement le plus significatif du XXe siècle ». Au vrai, cette histoire est bien plus ancienne ; voici des siècles que l’Occident est en contact avec la voie du Bouddha et ses enseignements (le « Dharma »).