La Russie, puissance euro-pacifique · Portée et limites

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More

26 juin 2008 • Analyse •


Le « non irlandais » au Traité de Lisbonne et les hésitations d’autres pays européens remettent en cause les réformes institutionnelles et révèlent les ferments de dispersion au sein de l’Union européenne. D’aucuns cèdent à la « schadenfreude » et avancent des projets de recomposition de l’Europe prévoyant, outre la disparition des organes communautaires, l’inclusion de la Russie et le retrait des Etats-Unis de l’Ancien Monde. Ces projets font écho aux propositions formulées par Dmitri Medvedev à Berlin le 5 juin 2008 : un système de sécurité paneuropéen  fondé sur les seuls équilibres entre intérêts nationaux, sans prise en compte de l’UE et de l’OTAN. Face à des nations européennes divisées et à des opinions publiques lasses de la grande histoire, la Russie pourrait ainsi s’appuyer sur son immense atterrage asiatique, renforcer ses relations bilatérales et promouvoir ses intérêts en Europe pour y imposer sa volonté. De fait, son immense espace s’étend jusqu’aux rives asiatiques de l’océan Pacifique et il ne serait guère heureux d’oublier la dimension extrême-orientale de la Russie, qui ne saurait être définie comme un simple pays européen.