De la mer Noire au Bassin de la Caspienne · Portée et limites du GUAM

Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur associé à l’Institut Thomas More

30 septembre 2008 • Analyse •


La guerre menée par la Russie contre la Géorgie en août 2008 et l’annexion de facto de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ont modifié les équilibres régionaux et continentaux. Cette guerre-éclair a démontré par le fait l’inexistence d’un système de sécurité régional et le retour en force de la Russie dans le Caucase devrait limiter les ambitions multipolaires d’Ankara, en quête d’un arrangement avec son voisin du nord sur le maintien d’un statu quo qui n’existe plus. Ainsi la récente proposition turque d’un pacte de sécurité régional n’a-t-elle guère eu d’écho en Russie. Il faut pourtant accorder attention aux possibilités que recèle le GUAM (Géorgie-Ukraine-Azerbaïdjan-Moldavie), un forum de coopération régionale entre des pays soucieux d’échapper à la logique de l’« étranger proche ». Encore les puissances occidentales ne doivent-elles pas en faire une structure d’attente par défaut, repoussant sine die l’insertion de ses membres dans le système euro-atlantique. Le GUAM doit être soutenu pour faciliter la coopération régionale, certes, mais aussi pour promouvoir les intérêts des Occidentaux dans l’aire mer Noire-Caucase-Caspienne, élargir leur espace de manœuvre et ouvrir l’Asie centrale à la libre circulation des flux