
Mars 2011 • Note •
Dans la décennie 2000, le « super-cycle » de croissance et l’affolement des marchés énergétiques ont conjugué leurs effets pour nourrir les ambitions des dirigeants russes et leur vision d’une puissance ré-émergente à même de développer une stratégie géopolitique d’envergure continentale dans l’aire post-soviétique, voire mondiale. La « guerre des cinq jours » et l’invasion du territoire géorgien ont traduit en actes le révisionnisme géopolitique des discours officiels. Depuis, la crise économique a levé le voile sur les réalités de la Russie profonde et mis en évidence les reclassements de puissance dans un monde dont les équilibres se déplacent vers l’Asie et les économies émergentes. Le souci d’identifier des intérêts communs à la Russie et aux puissances occidentales a conduit les États-Unis et leurs alliés (OTAN-UE) à pratiquer une politique d’engagement (le « reset » de la diplomatie Obama). Selon certaines analyses, l’affirmation de la puissance chinoise pourrait mener Russes et Occidentaux à une quasi-alliance. Voire. La relance russo-occidentale a ses limites et elle se heurte aux logiques propres à la « Russie-Eurasie ».