25 mars 2026 • Le Figaro • Opinion •
À l’aune de la campagne municipale, où une partie de la gauche n’a cessé de « fasciser » son adversaire, la philosophe analyse l’évolution du mot « fasciste », qui a perdu son sens premier. Celui-ci n’est pas devenu une simple injure pour autant, explique-t-elle, il a endossé une signification nouvelle.
Dans l’Athènes de Périclès, la tyrannie représentait historiquement un tel objet de haine que le mot avait fini par devenir une injure appliquée quotidiennement à l’adversaire ordinaire. La tragédie décrivait une marchande de poireaux qui, mal payée par un acheteur, traitait celui-ci de « tyran ». C’est bien l’impression que nous avons devant la campagne électorale de ces derniers jours. Il y a un grand nombre de marchandes de poireaux pour traiter de « fascistes » leurs adversaires et même leur moindre concurrent. Une certaine gauche traite une autre gauche de « fasciste » ! On s’y perd. On se demande comment remonter le fil du sens premier. Il ne faut pas le remonter. Il est mort. Le mot signifie autre chose. Il a glissé, perdu sa saveur, trouvé une autre saveur, et à l’insu même de la plupart de ses locuteurs.
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