17 juillet 2026 • Valeurs actuelles • Opinion •
La légalisation prochaine de l’euthanasie et du suicide assisté marque l’aboutissement d’un long processus de glissement du critère de la valeur humaine. Pour nos sociétés contemporaines ce n’est plus la vie qui compte mais le confort.
La loi « fin de vie » qui vient actuellement au vote final après des années de débat mouvementées, enregistre et confirme la fin de l’influence chrétienne sur nos mœurs, la fin de notre manière chrétienne de penser et de vivre. Les deux siècles précédents ont été nourris de multiples débats, parfois volcaniques, opposant les tenants de la tradition morale millénaire et les progressistes partisans d’une émancipation – les lois sur le divorce, en France et plus encore en Italie, ont signé pendant des décennies une sorte de question d’Orient, toujours en querelle et toujours fulminante. La loi « fin de vie » appartient à la fin de ce cycle.
De quoi s’agit-il ? D’un déplacement de la valeur, déplacement qui ne s’opère pas seulement chez une petite élite prescriptive, mais chez les peuples entiers – ici le peuple français. Il s’agit de mourir et de tuer. Le « tu ne tueras pas » est inscrit au fronton de toutes les cultures sans exception. C’est une maxime qui fait partie de la morale universelle, celle que l’écrivain britannique C.S. Lewis appelait « l’ensemble des platitudes notoires ». Pourtant le monde humain est ce qu’il est, dur et violent, semé d’embûches, et dans toutes les cultures on admet des exceptions considérées comme légitimes à l’interdit de tuer. Ces exceptions ne sont pas les mêmes partout, parce que les cultures n’accordent pas la valeur majuscule aux mêmes entités.
Toutes les cultures, sauf la nôtre depuis peu, ont admis la peine de mort pour les grands criminels. Toutes admettent bien que des guerres tuent, sous des conditions chevaleresques. Les anciens Grecs et Romains, et les Chinois jusqu’à Mao, laissaient au père le loisir de tuer le bébé malvenu. Chose que les chrétiens ont toujours refusé de faire, mais l’église catholique au siècle précédent empruntait […]
