8 octobre 2026 • Le Figaro • Opinion •
Les lycéens de Mai 68 se sont laissé séduire par les fables maoïstes ou trotskystes, mais l’école républicaine leur avait donné une culture, analyse Chantal Delsol. Selon elle, les bloqueurs paient le prix d’un mensonge plus grave : celui d’une école primaire qui couronne l’ignorance.
Les lycéens de Mai 68, imprégnés des balivernes de Mao ou Trotsky, étaient persuadés de construire le bonheur tout court ou les « lendemains qui chantent », mais ils étaient aussi les produits de l’école républicaine. Et à ce titre, ils possédaient beaucoup de mots (trop ?), ils récitaient par coeur Aragon et Lénine (Ah ! Matérialisme et empiriocriticisme !). Une fois leurs délires apaisés, ils sont devenus rapidement les élites de la nation. Il leur a suffi pour cela d’arracher leur costume d’égarement, de changer de crémerie en quelque sorte. Sous la surface, il y avait une culture, un apprentissage de l’esprit. Le retournement s’est fait sans gloire, mais avec aisance.
Les lycéens d’aujourd’hui ont affaire à un bien autre mensonge, celui de Bourdieu, plus récent mais dans la même veine, qui ne cherche…